Maurice Richard en action

Le samedi 27 mai 2000 s'est éteint une des grandes figures de la Ligue Nationale de Hockey.
Maurice "Rocket" Richard est decede d'un arret respiratoire lors d'un sejour a l'hopital pour tenter de soigner une reprise de son cancer. Tombe dans le coma dans la nuit de samedi a dimanche, le Rocket ne s'est jamais reveille.

Cette page est mon hommage personnel a ce grand Monsieur du hockey, qui a fait rever tant de monde durant toute sa carriere.

Le Rocket porte le flambeau

Le 500e but du Rocket - Le 19 octobre 1957, Maurice Richard devient le premier joueur de la NHL a depasse le cap des 500 buts

Le Trophee Maurice Richard

Ce trophee est remis tous les ans depuis 1998 par la Ligue Nationale de Hockey, en hommage au celebre numero 9, au meilleur marqueur de la saison de la saison reguliere.
Le premier vainqueur de ce trophee a ete Teemu Selanne (#8 - Migthy Ducks d'Anaheim)

Ce trophee pese 30 lbs (une quinzaine de kilos), il se compose de bronze, d'argent, de bois et de laiton.

Il comporte aussi :

* 50 plaques de nom en raport avec les 50 buts en 50 matchs
realises en 1944-45 ;
* Neuf niveaux representant le le dossard de Maurice Richard ;
* Ligne de couleur bleu, blanc, rouge, en l'honneur du Canadien
de Montreal ;
* La facade du Forum de Montreal, lieux des plus grands exploits
du Rocket ;
* "Ne jamais abandonner", devise de Maurice Richard durant ses
annees de joueurs et sa bataille contre le cancer de l'an dernier

richard_trophee2

Les statistiques personnelles du Rocket

Records individuels possedes ou partages par Maurice Richard, au moment de l'annonce de sa retraite, le 15 septembre 1960

Plus de buts en 1 saison

50 en 50 matchs

Plus de buts en carriere

544 en 18 saisons

Plus de buts en carriere incluant les series eliminatoires

626

Plus de points en carrieres incluant les series eliminatoires

1091

Plus de points en 1 match en saison reguliere

8 points (5 buts et 3 aides)

Plus de buts en 1 saison par un ailier droit

50

La plus longue sequence de match consecutifs avec buts

14 buts en 9 matchs

Plus de tour de chapeau (3 buts en un match) en carriere

26 en 17 saisons

Plus de buts en series eliminatoires en une annee

12 buts en 9 matchs

Plus de buts gagnants en series eliminatoires

18 buts en 15 series

Plus de tours du chapeau en series eliminatoires

7 matchs de 3 buts ou plus

Plus de matchs en series eliminatoires

133

Plus de buts en un match des series eliminatoires

5 (victoire du Canadien 5-1)

Plus de mention d'aide en un match des series eliminatoires

5

Plus de points en carriere en series eliminatoires

126 (82-44-126) en 133 matchs

Plus de buts en carriere en series eliminatoires

82

Plus de matchs joues en carriere dans la LNH

978

Honneurs individuels rendus a Maurice Richard

Trophee Hart - Joueur le plus utile des series eliminatoires en 1974

Membre du Temple de la Renommee (Hall of Fame) du Hockey

La ville de Montreal baptise l'arena Maurice Richard

Membre du Temple de la Renommee du Canada

Membre du Pantheon des Sports du Quebec

Nom inscrit sur le "Walk of Fame" de New York

Membre du Conseil Prive de la Reine

La plus recente concession de la Ligue de Hockey Junior Majeure du Quebec (LHJMQ) est baptisee le "Rocket de Montreal"

Coupe Stanley (8 conquetes)

1943-44

1945-46

1952-53

1955-56

1956-57

1957-58

1958-59

1959-60

Les statistiques lors de sa carriere en LNH

Saison

1942-43

1943-44

1944-45

1945-46

1946-47

1947-48

1948-49

1949-50

1950-51

1951-52

1952-53

1953-54

1954-55

1955-56

1956-57

1957-58

1958-59

1959-60

Total

Saison Reguliere

PJ

B

A

Pts

Pun

16

5

6

11

4

46

32

22

54

45

50

50

23

73

46

50

27

21

48

50

60

45

26

71

69

53

28

25

53

89

59

20

18

38

110

70

43

22

65

114

65

42

24

66

97

48

27

17

44

44

70

28

33

61

112

70

37

30

67

112

67

38

36

74

125

70

38

33

71

89

63

33

29

62

74

28

15

19

34

28

42

17

21

38

27

51

19

16

35

50

978

544

421

965

1285

Series Eliminatoires

PJ

B

A

Pts

Pun

-

-

-

-

-

9

12

5

17

10

6

6

2

8

10

9

7

4

11

15

10

6

5

11

44

-

-

-

-

-

7

2

1

3

14

5

1

1

2

6

11

9

4

13

13

11

4

2

6

6

12

7

1

8

2

11

3

0

3

22

-

-

-

-

-

10

5

9

14

24

10

8

3

11

8

10

11

4

15

10

4

0

0

0

2

8

1

3

4

2

133

82

44

126

188

PJ : Parties Jouees ; B : Buts ; A : Assistance ; Pts : Points ; Pun : Minutes de Punitions

Les faits marquants de la carriere du Rocket

31 octobre 1942

Maurice Richard dispute son premier match dans la NHL avec les Canadiens

8 novembre 1942

Maurice Richard inscrit son premier but dans la LNH face au gardien Steve Buzinski, des Rangers de New York, dans un match dispute au Forum de Montreal et remporte par le Canadien 10-2

23 mars 1944

Maurice "Rocket" Richard marque 5 buts et Hector "Toe" Blake obtient 5 passes, contribuant a une victoire de 5-1 contre les Maple Leafs de Toronto en demi-finale de la Coupe Stanley

18 mars 1945

Maurice Richard devient le premier joueur de la LNH a compter 50 buts en 50 matchs. Il reussit cet exploit contre les Bruins de Boston lors du dernier match de la saison reguliere

En 1952-53

Maurice Richard domine les Canadiens au chapitre des buts, des passes, des points, ... et des minutes de penalites

16 mars 1955

Maurice Richard est suspendu par Clarence Campbell, president de la LNH, pour avoir frappe un juge de ligne a Boston. La suspension est en vigueur jusqu'a la fin de la saison reguliere et pour la periode des series eliminatoires

17 mars 1955

Le lendemain de la suspension du Rocket par la LNH, lors d'un match au forum, les partisans du Canadien demontrent leur frustation par ce qui est connu desormais comme l'emeute

10 avril 1956

Maurice Richard marque le but gagnant et le Canadien triomphe 3-1 sur les Red Wings de Detroit. Les Canadiens remportent la serie finale 4-1 et remportent la Coupe Stanley pour la huitieme fois (dont la sixieme au Forum)

19 octobre 1957

Maurice "Rocket" Richard devient le premier joueur de la NHL a atteindre la marque des    500 buts en dejouant Glenn Hall, gardien des Blackhawks de Chicago, a 15:52 de la premiere periode

12 avril 1960

A l'occasion du 3e match de la serie finale contre Toronto, Maurice Richard marque son 82e et dernier but en series eliminatoires

14 avril 1960

Jean Beliveau marque le but gagnant et les Canadiens triomphent 4-0 sur les Maple Leafs de Toronto. Le Club de Hockey du Canadien gagne la serie finale 4-0 et remporte pour la Coupe Stanley pour la douzieme fois, la cinquieme consecutive. Maurice Richard dispute le dernier match de sa carriere

15 septembre 1960

Maurice Richard annonce sa retraite

6 octobre 1960

A la suite de la retraite de Maurice Richard, le numero 9 est retire de l'alignement en son honneur

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L'émeute du Forum a consacré le Rocket comme un symbole


Le 17 mars 1955. Déjà considéré comme le héros de tout un peuple, Maurice Richard a été consacré ce jour-là, bien malgré lui, au rang de symbole d'un peuple en quête de reconnaissance.Plus de 40 ans après l'événement, sociologues et autre experts s'accordent à dire que l'émeute du Forum (ou l'émeute Richard) a marqué un grand tournant dans l'évolution de la société québécoise, éveillant la fierté nationaliste.

Mais pour Maurice Richard, décédé hier des suites d'un cancer, ce jour lui a toujours rappelé l'injustice dont il a été victime quand le président de la Ligue nationale de l'époque, Clarence Campbell, lui a imposé une suspension d'une grande sévérité, le privant des trois derniers matchs de la saison régulière et de toute la durée des séries éliminatoires. Homme de caractère, un tantinet rancunier, il n'a jamais pardonné à Campbell cette décision, annoncée la veille, visant à sanctionner son attaque sur Hal Laycoe des Bruins, le 13 mars, au Garden de Boston. Jusqu'à la fin de sa vie, ce souvenir l'aura troublé. Voici d'ailleurs ce que le «Rocket» avait déclaré à La Presse Canadienne, à l'occasion du 30e anniversaire de ce triste incident: «Ça me dérange encore. Certains soirs avant de m'endormir, j'y pense et j'ai des difficultés à trouver le sommeil. Je ne pourrai jamais oublié ce qui s'est passé. À mon avis, il s'agissait d'une décision injuste, car elle avait été prise en quelques heures et affectait toute mon équipe.» Cette suspension eut effectivement des conséquences désastreuses pour le Canadien mais pour Richard également, «Il a eu tort.»

En posant un tel geste, Campbell a ruiné toutes les chances du Canadien de rejoindre ou de devancer Détroit dans la course au championnat de la Ligue nationale. Et en l'absence de Richard, le Canadien s'est finalement incliné en sept rencontres en finale contre les Red Wings. Une absence coûteuse quand on sait que le Canadien a entrepris la saison suivante avec la conquête, sans précédent et sans égal, de cinq coupes Stanley d'affilée. Pour le «Rocket», cette suspension le priva du trophée Art Ross remis au meilleur marqueur, à peu près le seul honneur qui lui a échappé au cours de sa glorieuse carrière dans la LNH. Richard a toujours maintenu que la suspension avait été une erreur. Le jour des funérailles de Campbell, en 1984, il a répondu aux questions insistantes d'un journaliste désireux de savoir ce qu'il pensait de l'ancien président de la LNH: «Il a eu tort.»

Attaque de Laycoe

Mais qu'est-ce qui a conduit à l'émeute du 17 mars 1955?

Le dimanche précédent, le Canadien avait disputé un important match sur la petite patinoire du Garden de Boston. Ce soir-là, Hal Laycoe avait pour mission de surveiller Richard. Il ne restait que dix minutes à la troisième période lorsque Richard a été atteint à la tête par un coup de bâton de Laycoe, lui infligeant une coupure qui nécessita cinq points de suture. Le visage ensanglanté, Richard s'est alors rué sur le joueur des Bruins et l'a atteint d'une solide droite à un oeil. Non satisfait, il a ramassé un bâton et il a frappé Laycoe dans le dos.

L'intervention du juge de ligne Cliff Thompson n'a contribué qu'à exciter la colère de Richard. Il l'a repoussé le long de la clôture et lui a appliqué une droite à la figure. Voici comment Richard a décrit l'incident quelques heures après le match: «Quand j'ai vu le sang, je suis devenu furieux. Je n'ai rien provoqué. Si j'ai frappé le juge de ligne, je ne m'en souviens pas. Je savais que quelqu'un me retenait et je voulais tout simplement me libérer. J'ignore complètement ce qui va m'arriver, mais je suis très pessimiste.»

Et le «Rocket» avait bien raison de redouter le pire.Saisi de l'affaire, Campbell, sous la pression de plusieurs gouverneurs du circuit, a prononcé un verdict rapide le 16 mars, quelques heures seulement après avoir entendu la défense de Richard.

La pire manifestation à Montréal

Déjà que la sanction était jugée beaucoup trop sévère et que tout le monde criait à l'injustice, Campbell provoqua les événements du 17 mars en insistant pour assister au match suivant du Canadien au Forum malgré des avis contraires. Assis à sa place habituelle, les spectateurs l'ont rapidement pris à partie, d'abord en lui criant des injures et ensuite en lui jetant des projectiles de toutes sortes.

Puis, les événements se sont précipités quand un jeune homme tenta de le frapper au visage. Malgré l'intervention des placiers et policiers, la confusion s'est accrue quand une bombe lacrymogène éclata tout près de l'endroit où était assis Campbell. Evacué à l'extérieur, les spectateurs et autres badauds exprimèrent alors leur colère en fracassant vitrines de magasins et en mettant le feu aux kiosques à journaux. On brûla même Campbell en effigie.

Selon un rapport de police, on mit six heures à disperser les émeutiers. Une dépêche d'époque de La Presse Canadienne a décrit la situation comme étant «la pire manifestation jamais vue à Montréal depuis les émeutes anticonscriptionnistes qui ont marqué la dernière guerre.»

Même le «Rocket» a exprimé sa surprise devant l'ampleur de la réaction de ses partisans. «Jamais je n'aurais pensé avoir un tel appui des amateurs de hockey montréalais, a-t-il analysé en 1985. Je n'aurais jamais pensé qu'une telle démonstration de violence aurait pu survenir. C'était, après tout, la première émeute de la province de Québec. Plus tard, j'étais soulagé que tout soit terminé.»

   
Maurice Richard
1921 - 2000

Depuis hier, soit le 27 mai à 17h40, on tente de nous faire croire que Maurice Richard est mort; comme si une légende pouvait mourir! Bien sur, l'homme est décédé car il n'était qu'un homme et c'est précisément pourquoi il est devenu une légende. Eusse-t-il été un surhomme que ses exploits auraient passé inaperçus.

Maurice Richard était un des nôtres. Ce francophone, issu d'une famille ouvrière appauvrie par la crise économique, allait devenir, bien malgré lui, le symbole de la lutte d'un peuple pour s'affranchir de ses conquérants, les Anglais, et pour allumer à l'intérieur de chacun de nous la fierté d'être ce que nous sommes.

J'avais 6 ou 7 ans lorsque j'ai "vu" jouer Maurice Richard pour la première fois. Je dis "vu" car la description des matchs par Michel Normandin à la radio, nous faisait littéralement "voir" le Rocket: "prendre possession de la rondelle derrière le filet du Canadien, traverser la patinoire en trombe ou à l'emporte pièce, puis traverser la ligne bleue, telle une locomotive, avec un ou deux joueurs adverses sur le dos, contourner la défense et déjouer le gardien avec un lancé du revers d'une seule main." Cela avait pour effet de nous faire bondir de nos sièges. C'est cette vision de Richard que 95% des québécois et québécoises avaient et ce, bien avant l'arrivée des matchs télévisés.

Le petit peuple, en effet, n'avait pas accès au Forum car, sous l'impulsion de Maurice Richard, celui-ci était plein à tous les matchs et les prix des billets, quoique fort raisonnables en comparaison de ceux d'aujourd'hui, étaient hors de portée de la majorité des montréalais. On devait donc se rabattre sur la radio et Michel Normandin faisait objet de caméra. Il est donc aisé de comprendre pourquoi, Maurice Richard est toujours aussi populaire et ce même auprès de ceux et celles qui n'étaient même pas né-e-s au moment où celui-ci jouait au hockey. Il était déjà l'idole de tous les québécois d'alors, même si ceux-ci ne l'avaient jamais vu jouer non plus. C'est ainsi que se font les mythes. Les fans de Maurice ont su transmettre aux générations qui ont suivi la fierté de s'identifier à un homme tel que lui.

La fougue du Rocket, son désir de vaincre et son caractère qui faisait qu'il ne s'en laissait pas imposer par personne, ont eu tôt fait de permettre au peuple de s'identifier à lui. Tous se plaisaient à voir ce francophone faire la barbe aux Anglais et à se battre pour venger les insultes racistes qu'on lui adressait ou remettre à leurs places ceux qui cherchaient à lui barrer la route ou à le blesser intentionnellement. La bataille qui a précédé ce qui allait devenir "l'émeute du Forum" ne fut qu'un prétexte pour les dirigeants des autres équipes et leur valet Clarence Campbell de tenter de mâter ce "frenchie".

C'est du moins la façon dont le Rocket l'a toujours perçue et c'est également la façon dont le peuple du Québec l'a perçue à l'époque. Peu me chaud que le fédéraste Émile Genest, ce figurant des films de Walt Disney qui se pique de connaître quelque chose au hockey parce qu'il a joué le rôle de Napoléon Plouffe, entraîneur de Guillaume, dans le téléroman de Roger Lemelin, dise que tout cela n'est que foutaise et que la suspension du Rocket était méritée. Il était bien le seul québécois à penser cela à l'époque et il s'est bien gardé de le dire à ce moment là.

Ti-cul, je mettais la main sur tous les journaux qui entraient dans la maison pour découper les photos et les articles qui parlaient de Maurice Richard. Je les comptais, les classais et les collais dans des "Scrap Book". Je me souviens de la fois où il avait marqué 5 buts et fourni trois passes dans une victoire de 8 à 4 des Canadiens contre Détroit et ce, après avoir passé la journée à déménager. Cette autre fois où il avait marqué 5 buts contre Toronto dans un match des séries éliminatoires. Trois de ces buts avaient été comptés alors qu'il sortait du banc des punitions. Je me souviens m'être présenté à l'école, encore tout endormi, deux fois dans la même semaine parce, que Richard avait compté le but victorieux au début de la troisième période de surtemps lors de deux matchs des séries contre Détroit.

On tentera de nous faire croire que Maurice Richard est mort. Les idoles ne meurent pas. Les symboles de s'effacent pas. On aura beau vouloir faire de lui un "canadien" comme on a tenté de le faire avec le titre d'une mini-série, largement subventionnée par le fédéral, et qui lui fut consacrée récemment: "Maurice Richard un grand Canadien" jouant ainsi sur l'ambiguïté du nom du club de Hockey des Canadiens de Montréal pour lequel Maurice a réalisé tous ses exploits, dans la tête et dans le coeur des québécois et québécoises il restera toujours le p'tit gars de chez-nous qui a donné une leçon aux conquérants Anglais.

Ça c'est immortel.


Maurice "Rocket" Richard



Le plus grand joueur de l'histoire du Hockey